Numérisation du fonds d’autochromes Julien Gérardin


©ENSA Nancy

 

 

Pour la bibliothèque de l’Ecole nationale supérieure d’art de Nancy (ENSA de Nancy) Azentis a numérisé des autochromes du fonds Julien Gérardin. Une première partie d’entre eux est déjà en ligne sur le Portail de la photographie, Arago.

Lors de l’appel à projet, L’ENSA avait demandé à tous les prestataires candidats de réaliser des tests comparatifs sur un échantillon d’autochromes. Les tests d’Azentis se sont avérés très concluants et ont confirmé le statut d’expert en numérisation d’autochrome de notre société. Nous avons été choisis pour la qualité optimale des images réalisées et pour nos procédures de manipulation de ces documents extrêmement fragiles.

L’ENSA de Nancy est propriétaire d’une collection exceptionnelle d’autochromes, déposée dans sa bibliothèque. Ce fonds est composé de 6400 photographies, prises dans leur très grande majorité en Lorraine au début du 20e siècle.

Cette œuvre d’une remarquable unité est due à un seul auteur, Julien Gérardin (1860-1924), notaire à Nancy qui reflète dans ses préoccupations (choix des sujets, recherche d’atmosphère, goût pour la plante et le paysage, choix des cadrages, travail sur l’image), la sensibilité de l’Art nouveau et, tout particulièrement du mouvement de l’Ecole de Nancy. Bourgeois vivant dans un décor voué à l’art moderne nancéien (tableaux d’Emile Friant, mobilier de Majorelle, verreries et tentures de l’Ecole de Nancy), Julien Gérardin pratique la photographie dès janvier 1899, date à laquelle il est admis au sein de la Société lorraine de photographie, une association de photographes amateurs parmi les plus importantes de France. En mai 1908, il présente ses premiers autochromes lors d’une séance de projection.
A priori, les sujets sont divers : portraits, paysages des villes et des campagnes, scènes composées et nus mais le photographe déplace son appareil sur des horizons limités ou la visée documentaire s’efface devant un point de vue esthétique. Une grande partie de la production s’articule autour de la rencontre de la femme et de la nature qui reflète la sensibilité de l’époque, jusque dans les japonaiseries. L’artiste présente également, dans cette collection, des vues remarquables de la basilique de Saint-Nicolas de Port, de la Cathédrale de Toul, de la place Stanislas et la Pépinière à Nancy. Un grand nombre de villages de Meurthe et Moselle, des Vosges et de la Meuse sont localisés. Les photographies ont été prises entre 1908 et 1916, sur une aire géographique qui correspond globalement à la Lorraine restée française après le Traité de Francfort.

Après celle de la Fondation Kahn et celle de l’Institut Lumière, la collection d’autochromes de l’ENSA de Nancy apparaît comme l’une des plus importantes conservées en France. Ce fonds, presque entièrement inédit, revêt un triple intérêt patrimonial :
- historique, puisqu’il comporte les premiers incunables de la photographie en couleur;
- artistique, par les sujets représentés (jardins, fleurs, femmes, intérieurs, paysage) et le style atmosphérique adopté par Julien Girardin, éléments qui présentent de nombreux liens avec les préoccupations esthétiques et techniques de l’École de Nancy ;
- documentaire, par la série de vues topographiques de la Ville de Nancy et des villages de la Meurthe-et-Moselle, notamment durant la période de la Grande Guerre. Il est très éclairant du territoire et des enjeux qui caractérisent l’essor de l’art nouveau.

La prestation se déroule dans les locaux d’Azentis. L’ENSA de Nancy prévoit de faire numériser entre 5500 et 6400 autochromes au format 9 x 12 cm. Les documents sont numérisés en couleur avec une résolution d’au moins 4200 dpi. Les résultats obtenus avec un appareil photographique de moyen format et un dos numérique sont très satisfaisants.

Sources : ENSA et le site www.photo-arago.fr

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